À quoi servent les pansements hydrogel et où les poser ?

· Par Valenti Marc

Une plaie sèche et une plaie qui suinte ne se soignent pas avec le même produit.

Les pansements hydrogel ont leur place dans l’armoire à pharmacie, mais il faut savoir où les poser. Voici leurs indications, leurs limites et le pansement à prévoir par-dessus.

Les pansements hydrogel hydratent les plaies sèches et nécrosées

Un pansement hydrogel contient plus de 50 % d’eau. Grâce à cette eau, il ramollit une plaie sèche. Il ramollit aussi les tissus morts qui s’y accrochent. Ces tissus se détachent ainsi peu à peu.

Le gel agit par détersion autolytique. Autrement dit, votre organisme fait le travail lui-même : il décolle les tissus nécrosés, morts ou fibrineux, jaunâtres et adhérents. Le gel ne retire donc pas la nécrose de façon mécanique, contrairement à un geste pratiqué par un professionnel.

Vous pouvez le rencontrer sous plusieurs formes.

  • Le gel amorphe s’étale directement dans la plaie, en couche généralement épaisse.
  • La compresse imprégnée se pose au contact du lit de la plaie.
  • La plaque d’hydrogel s’applique sur une surface plane, à condition que le format corresponde à la lésion.
  • Enfin, le gel conditionné en tube convient aux plaies peu profondes ou aux cavités, mais demande quelques précautions particulières.

Attention, l’hydrogel ne remplace pas le traitement de la cause. Une escarre due à la pression, un ulcère entretenu par une insuffisance veineuse ou une cicatrisation ralentie par le diabète doivent être pris en charge à part.

Une seringue, un pansement et un film transparent sont posés sur une table, avec une personne en blouse bleue en arrière-plan.
Le gel amorphe, la compresse imprégnée et la plaque offrent plusieurs façons d’appliquer un hydrogel.

Ne confondez pas non plus un pansement hydrogel pour plaies avec les patchs hydrogel pour les yeux, le contour des yeux ou l’allaitement. Ces produits contiennent parfois un gel, mais ni leur composition ni leurs indications ne sont les mêmes.

L’usage des hydrogels dépend du type de plaie et de son exsudat

Vous optez pour l’hydrogel quand la plaie paraît sèche, nécrosée ou fibrineuse, et qu’elle produit peu de liquide. Si le pansement se gorge vite, c’est le signe qu’il faut une couverture plus absorbante. Demandez alors un nouvel avis.

La quantité dépend du produit et de la profondeur. Les notices d’Intrasite Gel et de Flaminal Hydro indiquent souvent une couche d’au moins 5 millimètres. Une compresse imprégnée couvre, elle, directement la surface à traiter.

Surveillez le pansement chaque jour, surtout au début. Une fuite, une saturation ou une odeur inhabituelle doivent vous alerter. Il en va de même pour une douleur qui augmente ou une rougeur qui s’étend. Dans ces cas, demandez conseil rapidement.

Les escarres changent de pansement avec leur aspect

Une personne allongée sur un lit pose ses jambes sur un coussin de surélévation, dans une chambre lumineuse.
En cas d’escarre, réduire la pression sur la zone concernée reste essentiel au soin.

Une escarre commence par une atteinte de la peau liée à une pression prolongée, souvent au sacrum, au talon, à la hanche ou au coude. Ce qui compte, c’est qu’un produit local ne suffit pas : il faut aussi supprimer ou réduire la pression.

Pour une rougeur persistante sur peau intacte, changez souvent la position de la personne. Protégez aussi la zone de l’humidité et des frottements. L’hydrogel ne convient pas à cette situation. Il ajouterait de l’humidité sans retirer le moindre tissu mort.

Quand l’escarre devient sèche et nécrosée, l’hydrogel peut aider. Il humidifie la plaie et facilite la détersion, c’est-à-dire le nettoyage des tissus morts. La HAS cite d’ailleurs les hydrogels et les alginates parmi les pansements utilisables pendant cette phase, pour les plaies chroniques.

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Ensuite, le pansement suit l’évolution de la plaie :

  • Plaie qui suinte davantage : couverture absorbante, comme un pansement hydrocellulaire, selon l’évaluation de la plaie.
  • Plaie en bourgeonnement : pansement qui protège les tissus nouvellement formés sans les arracher.
  • Plaie qui se referme par la peau : protection douce, souvent avec une interface adaptée à une plaie peu exsudative.

Ne retirez pas une escarre noire vous-même, surtout si elle se trouve au talon ou si elle est douloureuse. Ce conseil vaut aussi si la personne est diabétique ou mal irriguée. La détersion peut provoquer un saignement et demande parfois un geste professionnel.

Les ulcères et le pied diabétique demandent un suivi

Les hydrogels peuvent entrer dans la prise en charge d’ulcères de jambe, d’escarres et de plaies du pied diabétique. Cela vaut lorsqu’elles sont sèches, nécrosées ou fibrineuses. En revanche, ils ne corrigent ni le problème veineux, ni le problème artériel, ni la pression exercée sur le pied.

Pour un ulcère veineux, il faut une prise en charge globale. Elle peut inclure la compression, quand la circulation artérielle le permet. Le pansement reste une aide locale, pas le traitement complet de l’insuffisance veineuse.

Pour un pied diabétique, évitez l’automédication prolongée. Une petite plaie peut s’aggraver vite. La perte de sensibilité, une infection ou un appui répété en sont la cause, même si la plaie paraît peu douloureuse.

Consultez rapidement si vous observez :

  • une rougeur qui progresse autour de la plaie ;
  • une chaleur locale ou un gonflement ;
  • du pus, une odeur forte ou un changement de couleur ;
  • de la fièvre ou des frissons ;
  • une peau noire, violacée ou très douloureuse ;
  • une plaie qui s’agrandit malgré les soins.

Faites aussi contrôler la cause d’une plaie chronique qui ne progresse pas. Une plaie qui reste ouverte malgré un traitement adapté mérite une réévaluation. Il faut revoir le diagnostic, la circulation, la pression et le risque infectieux.

Les hydrogels peuvent traiter certaines brûlures après refroidissement

Commencez par refroidir la brûlure avec de l’eau tempérée. Évitez l’eau glacée, les glaçons, le beurre et les produits gras. Ce premier geste limite la poursuite de la chaleur dans les tissus.

Retirez les bijoux, une montre ou un vêtement proche avant que la zone ne gonfle. Ne décollez jamais un textile collé à la peau. Couvrez ensuite la brûlure avec une protection propre. Demandez un avis si nécessaire.

Un hydrogel peut convenir à certaines brûlures superficielles, surtout quand la plaie reste peu profonde et peu exsudative. Suivez la notice du produit. Tous les gels n’ont pas les mêmes indications.

Pour une brûlure du premier degré, la peau reste rouge et douloureuse, sans cloque importante ni perte de substance. Le refroidissement et la protection suffisent souvent. Surveillez simplement l’évolution.

Pour une brûlure du deuxième degré superficiel, des cloques peuvent apparaître et la peau reste humide. Le choix du pansement dépend de l’étendue, de l’exsudat, de la douleur et du risque d’infection.

Demandez un avis médical rapidement si la brûlure :

  • dépasse la taille de la paume de votre main
  • touche le visage, les mains, les pieds, les articulations ou les organes génitaux
  • forme une zone blanche, noire ou insensible
  • résulte d’un produit chimique ou de l’électricité
  • entoure complètement un doigt ou un membre
  • concerne un nourrisson, une personne âgée ou une personne fragile

Une brûlure profonde ou étendue ne se traite pas avec un simple gel acheté en pharmacie. Les brûlures du deuxième degré profond et du troisième degré relèvent d’une prise en charge spécialisée.

Ne percez pas systématiquement les cloques vous-même. Le professionnel évalue leur taille, leur tension, leur localisation et le risque de contamination. Il décide ensuite de la conduite à tenir.

La pose d’un hydrogel exige un pansement secondaire adapté

L’hydrogel est en général le pansement primaire, c’est-à-dire le produit posé directement sur la plaie. Vous le recouvrez ensuite d’un pansement secondaire. Ce dernier le maintient en place et absorbe le liquide produit.

Le soin se déroule en sept étapes.

  1. Lavez-vous les mains avant et après.
  2. Nettoyez la plaie avec de l’eau ou du sérum physiologique, puis séchez délicatement la peau autour.
  3. Appliquez le gel en couche régulière, sans le déborder sur la peau saine.
  4. Posez une couverture secondaire adaptée, fixez l’ensemble sans serrer la zone, et contrôlez régulièrement l’humidité, les fuites et l’état de la peau.
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Pour une plaie très sèche et peu exsudative, une compresse non adhérente ou un film transparent peut convenir. Demandez l’avis de votre professionnel de santé et suivez la notice. L’objectif est de garder l’humidité du gel sans créer de macération.

Une personne gantée dépose du gel sur une compresse au-dessus d’un plateau contenant du matériel de soin.
Le nettoyage précède l’application du gel et la pose d’une couverture secondaire adaptée.

Ne remplacez pas automatiquement le pansement secondaire par un hydrocolloïde. Certains produits le recommandent, comme Purilon Gel. Le choix dépend pourtant de l’exsudat et de l’état des berges de la plaie.

Dans une cavité, utilisez seulement des produits adaptés. Ne tassez ni le gel ni la compresse. Laissez une partie visible ou une mèche facilement repérable, car un matériau oublié peut entretenir l’inflammation.

Changez le pansement dans ces cas :

  • le gel a disparu,
  • la couverture fuit ou elle est souillée,
  • l’exsudat atteint les bords.

Selon le produit et la plaie, le renouvellement peut se faire tous les jours ou tous les un à quatre jours.

Les restes d’hydrogel partent en général avec du sérum physiologique ou de l’eau. Cette méthode préserve les tissus fragiles. Le retrait est aussi moins douloureux.

Hydrogel, hydrocolloïde et hydrocellulaire répondent à des besoins différents

Ces trois familles entretiennent un milieu humide, mais elles ne jouent pas le même rôle. Ce qui les distingue, c’est surtout ce qu’elles apportent à la plaie : de l’humidité, de l’absorption ou de la protection.

FamilleCe qu’elle apporteQuand l’envisager
HydrogelIl apporte de l’eau à la plaie et aide à ramollir les tissus secs.Plaie sèche, nécrosée ou fibrineuse, avec peu d’exsudat.
HydrocolloïdeIl absorbe un exsudat limité et forme un gel au contact des sécrétions.Plaie superficielle peu à modérément suintante, sans infection.
HydrocellulaireIl absorbe davantage et protège la plaie grâce à une mousse, souvent en polyuréthane.Plaie modérément ou fortement exsudative, selon le modèle.

Un hydrocolloïde convient à une ampoule ou à une plaie superficielle qui ne saigne plus. Il ne convient pas :

  • à une plaie infectée
  • à une plaie très exsudative

Un hydrocellulaire convient mieux quand la plaie produit du liquide. Certains modèles adhésifs ont une couche de silicone et tiennent plusieurs jours. Renouvelez-les dès que l’exsudat atteint les bords.

Une seringue sans aiguille et deux pansements sont posés sur une table, avec une personne en tenue médicale en arrière-plan.
L’hydrogel convient surtout aux plaies sèches, tandis que la mousse absorbe davantage d’exsudat.

Rien n’interdit d’associer les familles dans un même soin. Par exemple, on place un hydrogel au contact d’une zone sèche, puis un pansement hydrocellulaire par-dessus pour recueillir l’exsudat.

Les formes et marques d’hydrogel disponibles en France varient

Un tube blanc sans inscription et deux pansements carrés sont posés sur une surface grise.
Les présentations disponibles varient selon les produits, les circuits de distribution et les stocks.

En pharmacie ou sur commande, vous pouvez trouver des gels en tube, des compresses imprégnées et des produits qui associent un gel hydratant à d’autres composants. Tout dépend du circuit de distribution et du stock local.

Parmi les références professionnelles rencontrées en France, on retrouve notamment :

  • Intrasite Gel : gel à appliquer sur les plaies sèches, nécrotiques ou fibrineuses, avec une couverture secondaire adaptée.
  • Intrasite Conformable : compresse hydrogel destinée à épouser le lit de la plaie, y compris certaines plaies creuses.
  • Purilon Gel : gel utilisé surtout sur les plaies nécrotiques et fibrineuses sèches, avec un pansement secondaire.
  • Flaminal Hydro : gel à base d’alginate hydraté, destiné aux plaies faiblement à modérément exsudatives.
  • Flaminal Forte : version prévue pour des plaies plus exsudatives que celles relevant de Flaminal Hydro.

Intrasite Gel s’applique en couche d’au moins 5 millimètres, selon sa fiche d’utilisation. Recouvrez ensuite la plaie d’un pansement secondaire. Vous le choisissez selon la phase de cicatrisation et la quantité d’exsudat.

Purilon Gel ne doit pas déborder sur la peau saine. On le recouvre souvent d’un hydrocolloïde, si cette association convient à la plaie et aux recommandations reçues.

Les limites des hydrogels concernent l’exsudat, l’infection et les allergies

Un tube blanc ouvert laisse couler une goutte de gel près d’un pansement posé sur une surface claire.
Une plaie très exsudative nécessite une couverture plus absorbante pour limiter les fuites et la macération.

Évitez l’hydrogel sur une plaie qui coule beaucoup. Il apporte de l’eau et absorbe très peu. Le liquide risque alors de s’accumuler sous la couverture. Résultat : la peau macère et des fuites apparaissent.

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Ne l’utilisez pas non plus pour arrêter un saignement important. Une plaie qui saigne fort demande une compression adaptée. Parfois, elle exige une prise en charge urgente. Un gel hydratant ne suffit pas.

L’hydrogel ne remplace pas un traitement anti-infectieux. Une plaie infectée demande un avis médical. C’est pareil pour une cellulite (infection des tissus autour de la plaie) ou une infection profonde. Un traitement adapté est alors nécessaire.

Consultez si la douleur augmente ou si la rougeur s’étend. Consultez aussi si la plaie devient chaude, si du pus apparaît ou si vous avez de la fièvre. Ces signes ne se règlent pas en changeant de marque. Une couche plus épaisse ne les règle pas non plus.

Évitez le contact avec les yeux et les muqueuses. Faites une exception seulement si le produit porte une indication pour ces zones. Les hydrogels de soin des plaies ne sont pas des gels ophtalmiques.

Arrêtez le produit si une démangeaison ou une brûlure apparaît. Arrêtez-le aussi en cas de rougeur diffuse ou de cloques autour de la plaie. Demandez ensuite conseil. La réaction peut venir du gel, de son conservateur, de l’adhésif ou du pansement secondaire.

Avant de poser votre pansement hydrogel, vérifiez ces points
Cochez les points qui vous concernent pour savoir si l’hydrogel convient à votre plaie.

L’hydrogel hydrate ces plaies et aide à décoller les tissus morts. Il n’est pas adapté à une plaie qui coule beaucoup.

Si le pansement se gorge vite, il faut une couverture plus absorbante et un nouvel avis.

Le nettoyage à l’eau ou au sérum physiologique se fait avant la pose, puis la peau autour est séchée délicatement.

C’est l’épaisseur indiquée dans la fiche d’utilisation d’Intrasite Gel. Le gel ne doit pas déborder sur la peau saine.

L’hydrogel est un pansement primaire : le pansement secondaire le maintient en place et absorbe le liquide.

Une fuite, une saturation, une odeur inhabituelle ou une douleur qui augmente doivent amener à demander conseil.

Les hydrogels de soin des plaies ne sont pas des gels ophtalmiques.

Ces signes demandent un avis médical rapide plutôt qu’un changement de pansement.

Contrôlez aussi la peau autour de la plaie. Une peau blanchie, fripée ou douloureuse signale souvent une macération. C’est fréquent si la couverture est trop occlusive. C’est aussi le cas si l’exsudat dépasse sa capacité d’absorption.

Pour une plaie profonde, étroite ou fistulisée, ne remplissez pas la cavité sans consigne professionnelle. Le produit peut devenir difficile à retirer. La profondeur doit aussi être évaluée. Cela peut demander un soin infirmier ou médical.

Le remboursement des hydrogels dépend du produit et de la prescription

En France, certains pansements figurent sur la Liste des produits et prestations remboursables (LPP), la liste officielle des dispositifs pris en charge. Cette inscription dépend du produit, de sa présentation et de ses indications.

Ne déduisez donc pas le remboursement du seul mot « hydrogel ». Deux produits de la même famille peuvent suivre des règles différentes. C’est souvent le cas selon qu’ils sont inscrits sous une description générique ou sous un nom de marque.

Présentez l’ordonnance avec votre carte Vitale et votre complémentaire santé. La pharmacie vérifie le produit délivré, son inscription et les conditions de remboursement.

Un pansement acheté sans prescription peut rester à votre charge, même si un produit voisin est remboursé. Demandez le prix et les conditions de prise en charge avant l’achat.

La pharmacie de la Signore, rue Michel Jazy à Marignane, peut vous aider à trouver la référence adaptée. Elle vérifie aussi sa disponibilité et les éléments de l’ordonnance. Pour une plaie chronique, diabétique ou infectée, demandez un avis médical ou infirmier.

Avant d’ouvrir votre premier pansement, lisez la notice du produit : chaque gel a ses indications et son mode d’emploi. Vous saurez ainsi quelle couverture poser par-dessus, et quand demander un avis plutôt que de deviner.

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