Entre la peur de nuire à votre bébé et celle d’attraper la grippe, difficile de trancher.
Le vaccin grippe chez la femme enceinte présente-t-il des risques ? Voici ce qu’il faut savoir sur les effets secondaires et sur ce que la grippe peut vraiment faire.
Vaccin contre la grippe chez la femme enceinte : quels risques ?

Vous êtes enceinte et vous hésitez à vous faire vacciner contre la grippe ? Rassurez-vous. Le vaccin utilisé pendant la grossesse est inactivé. Il ne contient pas de virus vivant. Il ne peut donc ni provoquer la grippe ni infecter le fœtus.
La vaccination est recommandée à chaque grossesse, quel que soit le trimestre. Pourquoi tant d’insistance ? Chez une femme enceinte, la grippe n’est pas un simple rhume. Son système immunitaire, son cœur et sa respiration changent. Résultat : les formes sévères sont plus probables, avec un risque accru d’hospitalisation.
La grippe expose la femme enceinte et le bébé à des formes graves
Fièvre, courbatures, grande fatigue ? Appelez vite votre médecin ou votre sage-femme. Surtout si les symptômes arrivent brutalement.
La grippe peut causer des complications graves pour vous et pour votre bébé :
- une pneumonie
- une hospitalisation
- des contractions
- une fausse couche
- un accouchement prématuré
Les effets secondaires du vaccin grippal sont surtout temporaires
Le vaccin ne donne pas la grippe, mais il peut provoquer quelques réactions, en général modérées et de courte durée :
- Douleur, rougeur ou gonflement au point d’injection : très fréquents, chez plus d’une personne vaccinée sur dix.
- Fièvre, courbatures ou douleurs articulaires : fréquentes, chez une à dix personnes vaccinées sur cent.
- Fatigue ou sensation de malaise, qui disparaissent en général vite.
Attention : avant que la protection soit complète, vous pouvez attraper un autre virus respiratoire, ou la grippe.
La réponse immunitaire met environ deux semaines à se former.
Une réaction allergique grave reste exceptionnelle : environ un cas pour 450 000 personnes vaccinées.
Gonflement du visage, difficulté à respirer, perte de connaissance ou éruption importante : appelez immédiatement les urgences.
Les études ne montrent pas de hausse des complications imputable au vaccin
Rassurant, non ? Les données disponibles portent sur les fausses couches, les naissances prématurées, les morts fœtales, le faible poids de naissance et les malformations. Aucune d’elles ne montre de hausse liée au vaccin.
Et les femmes vaccinées, comparées aux autres, ne subissent pas davantage de fausses couches. Elles n’ont pas plus de naissances prématurées non plus. Leurs bébés ne naissent pas plus souvent petits pour leur âge.
Les travaux sur la prééclampsie, l’hypertension de grossesse, les anomalies congénitales et les hospitalisations du nourrisson ne montrent pas non plus de risque supplémentaire avec le vaccin grippal inactivé.
Les anticorps maternels protègent aussi le nourrisson après la naissance

Vous recevez le vaccin, et votre organisme fabrique des anticorps. Ces protéines de défense passent à travers le placenta. Elles rejoignent ensuite le sang de votre bébé.
Cette protection commence avant la naissance. Elle aide votre bébé pendant ses premiers mois. À cet âge, son système immunitaire est encore jeune. Le vaccin antigrippal n’est pas proposé aux nourrissons, contrairement aux enfants plus grands.
Vous êtes donc deux à en profiter. Vous réduisez votre risque de grippe sévère et d’hospitalisation. Votre bébé, lui, est protégé indirectement contre la grippe et ses complications. Cette protection dure pendant ses premiers mois.
La campagne antigrippale 2026-2027 suit un calendrier territorial
Vous vous demandez quand vacciner ? En France hexagonale, aux Antilles et en Guyane, la campagne démarre le 13 octobre 2026. Elle s’arrête le 31 janvier 2027. Elle tourne en même temps que celle contre la Covid-19.
À La Réunion, c’est une autre saison. La campagne suit l’hémisphère Sud : elle va du 4 mai au 31 octobre 2026. Si vous êtes là-bas, notez bien ces dates.
Le vaccin est remboursé et accessible par plusieurs professionnels
Vous êtes enceinte ? Alors vous faites partie des publics ciblés par la recommandation. Bonne nouvelle : l’Assurance maladie prend le vaccin en charge à 100 %.

Vous avez un bon de prise en charge ? Présentez-le avec votre carte Vitale à la pharmacie : le vaccin vous est remis gratuitement. Gardez-le au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C, jusqu’à l’injection. Pas de bon ? Un médecin, une sage-femme, un infirmier ou un pharmacien peut vous en délivrer un.
Le médecin peut le prescrire et l’injecter. Vous suivez une sage-femme pendant la grossesse ? Elle peut aussi vous faire la piqûre.
Fièvre et symptômes aigus peuvent conduire à différer la vaccination

Vous avez de la fièvre le jour de votre injection ? Le vaccin attend en général que vous alliez mieux. Cela évite de confondre vos symptômes avec une réaction au vaccin. Un simple rhume sans fièvre ne suffit pas toujours à reporter. Signalez-le quand même au professionnel qui vous vaccine.
Une allergie connue à une substance active, à un composant du vaccin ou à des traces de protéines de poulet demande un avis médical avant l’injection. Ne prenez pas cette décision seule.
Des symptômes de grippe pendant la grossesse ? Appelez vite votre professionnel de santé. Un traitement antiviral peut être indiqué. Il marche d’autant mieux qu’il commence tôt.
La couverture vaccinale des femmes enceintes reste faible en France
Pendant la saison 2024-2025, environ 21,8 % des femmes enceintes en France ont reçu un vaccin contre la grippe, soit moins d’une femme sur quatre.
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la couverture atteint environ 14 %. C’est moins que la moyenne nationale. Or la grossesse fait partie des situations à risque de forme grave.

Vous pouvez aborder le sujet dès une consultation de grossesse. Même au deuxième ou au troisième trimestre. Le professionnel vérifie votre état de santé, répond à vos questions et organise la vaccination au moment adapté.
Ne tardez pas trop à trancher. Décider tôt, c’est vous donner le temps d’être protégée, car l’organisme met environ deux semaines à construire sa réponse immunitaire. Mieux vaut donc vous poser la question maintenant que lorsque les premiers symptômes apparaissent.

